Et si, pour gagner au poker, il fallait non seulement avoir une bonne main… mais aussi savoir tricher comme un diable ?
C’est le principe de Hell of a Deal, un jeu de poker coopératif imaginé par Cameron Reid, ici pour son premier jeu, et illustré par Leon Lim, dont il s’agit également du premier jeu illustré. Édité par Smirk & Dagger Games, à qui l’on doit notamment Boop et Tesseract, le jeu transpose le Texas Hold’em dans un casino infernal où les joueurs ne jouent pas les uns contre les autres, mais doivent unir leurs forces pour venir à bout de plusieurs Boss.
Et évidemment, en enfer, le poker ne se joue pas tout à fait selon les règles habituelles.
2–4 joueurs, 14 ans et +, 90–120 Min
Auteur: Cameron Reid (premier jeu)
Illustrateur: Leon Lim (premier jeu illustré)
Editeur: Smirk & Dagger Games (Boop, Tesseract…)
Ludum propose le jeu en anglais (livraison fin Septembre). L’éditeur a annoncé ne pas être à Essen.

Du poker, mais en coopératif
Le principe de base est assez simple à comprendre pour les habitués du Texas Hold’em : chaque joueur reçoit des cartes et doit constituer la meilleure combinaison possible avec les cartes communes. La différence majeure, c’est qu’ici, tout le monde joue contre un Boss.
Chaque joueur construit donc sa propre main et la compare individuellement à celle du Boss. Plusieurs joueurs peuvent gagner la même manche et, surtout, personne ne se mesure à ses partenaires.
Le jeu demande néanmoins de connaître un minimum les règles du Texas Hold’em. Et si vous maîtrisez déjà le poker, vous aurez rapidement une bonne partie des bases nécessaires pour vous lancer.
Mais Hell of a Deal ajoute évidemment son petit grain de folie : chaque joueur reçoit 3 cartes, contre 2 dans une partie classique de Texas Hold’em. Il ne pourra toutefois en utiliser qu’une ou deux pour constituer sa combinaison finale. La troisième ouvre donc la porte aux différents moyens de tricher proposés par le jeu.

Six Boss et autant de façons de vous compliquer la vie
Une partie vous fait progresser à travers une série de six Boss.
Les quatre premiers sont des Minions de l’enfer, chacun avec ses propres règles et capacités. Viennent ensuite Nick Hauss, puis The Devil Himself, dont la version affrontée est choisie aléatoirement parmi six possibilités.
La boîte contient 22 cartes Boss standard et 22 cartes Boss Hellfire : les 22 Boss disposent donc chacun d’une version plus difficile.
Et c’est justement l’un des éléments qui devraient donner envie d’enchaîner les parties : les Boss ne se contentent pas de proposer une main plus ou moins difficile à battre. Leurs capacités peuvent modifier sensiblement la façon de jouer.
Petite précision toutefois : on parle bien de six Boss dans le déroulement normal, mais les deux derniers ne sont pas automatiquement éliminés après une défaite. Pour Nick Hauss et The Devil Himself, il faut qu’au moins un joueur remporte la manche pour avancer. Sinon, le Boss reste en place et sera affronté à nouveau au tour suivant.
Miser ou se coucher : voilà votre choix
Lorsque vient son tour, le joueur doit prendre un seul jeton inutilisé de son plateau et le placer dans sa zone de mise.
Ces jetons ne servent pas simplement à représenter une mise : chacun apporte un effet particulier… et possède également une pénalité en cas de défaite.

Earn a Soul
Chaque joueur possède deux jetons Earn a Soul.
S’il remporte la manche, chaque jeton de ce type misé rapporte une Âme à la réserve commune. En revanche, en cas de défaite, chaque jeton fait subir 1 Temptation.
Heal a Player’s Temptation
Ce jeton permet de faire reculer de 1 case la Temptation d’un joueur.
Une bonne façon de limiter les dégâts… mais avec un risque : si la manche est perdue, le joueur qui a utilisé le jeton subit 2 Temptation lui-même.
Devilish Offering
Avec ce jeton, on peut utiliser l’une des quatre capacités disponibles sur le plateau central :
- révéler une carte du Boss ;
- regarder deux cartes et en conserver une ;
- échanger une carte avec un autre joueur volontaire ;
- récupérer une carte dans la défausse.
Un même pouvoir ne peut être utilisé qu’une seule fois par manche, ce qui pousse les joueurs à réfléchir au bon moment pour utiliser ces capacités.
Draw a Favor
Ce jeton permet de piocher immédiatement une carte Favor. Ces cartes proposent différents avantages et de nouvelles façons de tricher. On peut en conserver jusqu’à trois.
Reveal 2 Cards
Ici, le joueur révèle deux de ses cartes, qu’il s’agisse de cartes de poker ou de Favor. Elles restent dans sa main, mais deviennent des informations publiques, ce qui peut notamment faciliter les échanges entre joueurs.
Wild
Enfin, le Wild peut remplacer n’importe quel autre jeton. Il peut notamment devenir un troisième Earn a Soul ou un deuxième exemplaire de n’importe quel jeton Power.
Évidemment, cette possibilité a un prix : utiliser le Wild fait immédiatement subir 1 Temptation.

Et si vous vous couchez ?
Se coucher n’est pas synonyme de tranquillité.
Une main couchée est considérée comme une main perdante et subit donc les pénalités correspondantes. En plus, le joueur doit lancer le Bones, un dé qui peut lui faire piocher une Favor, subir une Temptation ou recevoir une Curse.
C’est d’ailleurs l’un des rares points qui ressortent comme véritable bémol dans les premiers retours sur BoardGameGeek : plusieurs joueurs apprécient le système coopératif, mais certains trouvent que le joueur qui se couche peut attendre un peu trop longtemps avant de pouvoir réellement participer à nouveau.
Un défaut qui peut donc être assez gênant autour de la table, surtout si plusieurs joueurs se couchent rapidement.
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