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Queen Alice (VF) : l’un des projets les plus originaux du moment ? (late pledge)

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Lors de notre récent sondage, plusieurs d’entre vous ont manifesté leur envie de découvrir des articles consacrés aux jeux issus du financement participatif lorsqu’ils sont prévus en français. Voici donc le premier de la série, consacré à Queen Alice.

Queen Alice : un eurogame à moteur où les échecs servent de sélecteur d’actions

À première vue, Queen Alice ressemble à un énième eurogame à l’allemande agrémenté d’un thème littéraire. Mais après quelques pages de règles, une chose saute aux yeux : ce n’est pas un jeu d’échecs déguisé, ni un simple jeu de pose d’ouvriers. Son idée centrale est beaucoup plus originale.

Chaque joueur incarne un membre de la Cour du Miroir chargé de préparer le banquet de couronnement d’Alice. Pour gagner, il faut accumuler de l’influence tout en orientant subtilement le destin de la future reine vers le camp rouge ou blanc qui vous avantage le plus.

Le cœur du système repose sur un mélange inhabituel de deckbuilding léger, d’engine building et de déplacements de pièces d’échecs sur un plateau commun.

Comment se déroule un tour ?

Chaque tour est étonnamment simple dans sa structure.

Vous défaussez d’abord une carte pour obtenir son bonus de défausse. Ensuite, vous jouez une seconde carte. Cette carte indique quelle pièce d’échecs vous pouvez activer.

Vous déplacez alors cette pièce sur l’échiquier selon ses mouvements classiques. La ligne d’arrivée détermine la ressource gagnée, tandis que la colonne détermine l’action que vous pouvez réaliser.

C’est là que le jeu devient intéressant : les échecs ne servent pas à battre un adversaire, mais à choisir l’action que vous allez déclencher.

Une fois l’action effectuée, vous pouvez éventuellement la répéter en dépensant du Temps, puis vous préparez votre prochain tour.

Le résultat est un système qui semble beaucoup plus fluide qu’il n’y paraît lorsqu’on regarde le matériel pour la première fois.

Les quatre grands moteurs du jeu

Chaque action alimente un mini-système distinct.

Les Cœurs permettent de développer un jardin et d’obtenir des fleurs procurant des pouvoirs permanents.

Les Piques servent à améliorer votre paquet de cartes et à inviter des personnages au banquet, ce qui rapportera des points en fin de partie.

Les Trèfles donnent accès à des marque-pages qui fournissent bonus immédiats, capacités permanentes et objectifs de score.

Les Carreaux construisent le mur de Humpty Dumpty et offrent des récompenses particulièrement flexibles.

Ces quatre axes semblent interconnectés en permanence. L’impression générale est celle d’un eurogame où chaque moteur nourrit les autres plutôt qu’un ensemble de mini-jeux indépendants.

Les twists qui le distinguent

Le premier twist est évidemment l’utilisation des pièces d’échecs.

Ce n’est pas un gadget thématique. Le positionnement des pièces devient une véritable ressource. Une pièce capturée peut même être secourue depuis une prison et remise en circulation. Les pions peuvent être promus. Les reines et les rois peuvent être capturés. On retrouve des sensations familières pour les joueurs d’échecs sans transformer le jeu en duel abstrait.

Le deuxième twist concerne Alice elle-même.

Deux versions d’Alice progressent simultanément : une rouge et une blanche. Chaque avancée rapporte des points et déclenche des effets de score intermédiaires. Toute la partie tourne autour de cette tension : faut-il pousser Alice rouge, Alice blanche ou les deux ?

Le troisième twist est le système de couronnes.

Les couronnes servent à accélérer les parcours d’Alice, à générer énormément de points et à déclencher la fin de partie. Elles semblent constituer l’un des pivots stratégiques du jeu.

Enfin, les pistes des Chats introduisent une couche de scoring différé. Elles paraissent modestes pendant la partie mais influencent fortement les points de fin de partie.

Ce qui me donne envie

Le premier point fort est l’originalité.

Aujourd’hui, beaucoup d’eurogames combinent des mécaniques déjà vues. Ici, le déplacement des pièces d’échecs pour sélectionner des actions apporte une identité immédiatement reconnaissable.

Le deuxième point fort est la promesse de montée en puissance.

Tout indique que le jeu cherche à récompenser les enchaînements, les synergies et la construction progressive d’un moteur économique.

Aussi, les auteurs semblent avoir penser à la multiplicité des voies de score.

Entre les cartes invitées, les parcours d’Alice, les couronnes, les pistes des Chats et les différents plateaux d’action, il semble difficile de réduire le jeu à une stratégie unique dès les premières parties.

Enfin, le thème paraît mieux intégré que dans beaucoup d’eurogames. Les personnages d’Alice au pays des merveilles ne sont pas simplement collés sur les mécaniques ; chacun correspond à un système particulier.

Et puis soyons honnêtes, la DA est à tomber et c’est ce qui m’a fait lire les règles.

Ce qui me fait hésiter

Le principal risque est la surcharge.

Quand on lit les règles, Queen Alice accumule les couches : deckbuilding, gestion de ressources, déplacements d’échecs, captures, secours de pièces, quatre plateaux d’action, pistes de score, couronnes, objectifs intermédiaires, pouvoirs permanents, scoring final.

Pour certains joueurs, ce sera une richesse. Pour d’autres, ce sera trop.

Le deuxième risque concerne la lisibilité.

Le jeu demande de surveiller énormément d’informations dispersées sur plusieurs plateaux. Les amateurs d’eurogames épurés à la Knizia risquent de trouver l’ensemble très chargé.

Troisième réserve : l’intégration des échecs.

Même si le jeu n’exige aucun niveau particulier, les joueurs qui n’aiment pas réfléchir à des déplacements de pièces pourraient trouver cette mécanique plus contraignante qu’amusante surtout que vous ne pourrez (semble t il) réfléchir que pendant votre tour puisque l’échiquier va bouger, il y a donc un gros risque d’AP.

MAIS la vraie question est : Est-ce que les déplacements sur l’échiquier créent des dilemmes stratégiques passionnants ou sont seulement là pour faire joli ?

Faut-il l’acheter ?

Achetez Queen Alice si :

  • vous aimez les eurogames de poids moyen à lourd ;
  • vous appréciez les moteurs à combos ;
  • vous aimez découvrir des systèmes originaux ;
  • vous n’avez pas peur des règles d’une vingtaine de pages;
  • vous aimez avoir plusieurs axes stratégiques.

Passez votre chemin si :

  • vous cherchez un jeu fluide et épuré ;
  • vous êtes allergique aux règles abondantes ;
  • vous préférez l’interaction directe aux moteurs personnels ;
  • vous voulez un jeu immédiatement accessible à des joueurs occasionnels.

Verdict provisoire car je n’y ai pas joué

Queen Alice donne l’impression d’un jeu conçu pour les amateurs de gros eurogames modernes qui aiment découvrir une mécanique centrale originale.

Son utilisation des pièces d’échecs comme système de sélection d’actions est suffisamment différente pour attirer l’attention, et la structure générale semble offrir une vraie profondeur stratégique.

En revanche, rien dans les règles ne laisse penser qu’il s’agit d’un jeu universel. C’est un titre qui semble viser clairement les joueurs qui aiment explorer un système dense pendant plusieurs parties avant d’en maîtriser les subtilités.

Si vous aimez des jeux comme Dune: Imperium, Barcelona, Nucleum ou d’autres euros modernes riches en interactions mécaniques, Queen Alice mérite probablement votre attention.

Si vous recherchez l’élégance minimaliste d’un Concordia ou d’un Yellow & Yangtze, il risque au contraire de vous paraître trop chargé.

Quelques liens et informations :

Le jeu arrive en multilangues dont le français. Il est écrit ceci sur la campagne de financement (là où il y a les règles) : « This first multilingual edition will come also with rulebooks in SPANISH, FRENCH and GERMAN, which we are currently working on! »

Le jeu arrive en Décembre 2026 (mais il y a une possibilité de récupérer la boite à Essen).

Pour pledger, c’est par ici.

Les règles sont là.

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  1. Je crois que tu fais bien d’attendre la sortie boutique. Perso j’ai vraiment craqué toute seule pendant que je rédigeais l’article. Je me suis donc hypée toute seule alors j’ai pledgé comme une grande :p mais j’ai peur de la fausse sensation sur l’échiquier. Sauf que j’ai envie d’y croire. Je croise les doigts pour qu’il soit mémorable car c’est bien parti pour.

  2. Il me fait énormément de l’œil celui là, mais pour une fois j’attendrai qu’il arrive en boutique. En tout cas il semble très original et ton retour est assez proche de l’idée que j’en avait. Ce sera peut être pour le sapin si la sortie est en décembre :p

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